http://www.mediarabe.info/spip.php?article2128

Nos analyses


vendredi 24 février 2012

Analyse de Dario S. (Rome)

Bachar Al-Assad est rassuré. Il a le soutien du général Michel Aoun

La "Résistance" sort de l’histoire mais entre à l’école publique

Le général Michel Aoun a réitéré, ce vendredi, son soutien à Bachar Al-Assad, affirmant que le président syrien est sur le point de rétablir l’ordre en Syrie : "après la bataille de Homs, nous procéderons au grand nettoyage", a affirmé le général libanais. Il a insisté sur l’indispensable soutien de l’Iran et du Hezbollah !


Le général Michel Aoun a connu la gloire en 1989, grâce à la « Guerre de libération » qu’il avait décrétée et perdue contre la Syrie. Mais il continue à l’exploiter politiquement auprès de ses partisans aveuglés par sa démagogie. Après avoir pris l’Etat libanais en otage, et après son alliance contre-nature avec le Hezbollah, le général Aoun vient de réitérer son soutien ferme et infaillible à Bachar Al-Assad. Mais les détracteurs du général Aoun restent confiants. Le qualifiant de « collectionneur des défaites », ils estiment que son soutien à Assad ne fera que précipiter la défaite du dictateur.

Mais en attendant, le « général-stratège » Michel Aoun a affirmé, ce vendredi, que « le président Assad est sur le point de rétablir l’ordre en Syrie. Après la bataille de Homs, nous procéderons au grand nettoyage pour en finir avec toutes les poches de terrorisme. La Syrie est sur la bonne voie des réformes et sera un exemple démocratique pour l’ensemble de la région ». Aoun n’a pas précisé s’il va contribuer personnellement au grand nettoyage, ou s’il enverra ses partisans en Syrie pour accomplir cette tâche !

Aoun a appelé « les Libanais à cesser leurs ingérences négatives en Syrie », et invité « les autorités libanaises à appliquer les accords bilatéraux signés entre Beyrouth et Damas » (accords imposés pendant l’occupation syrienne, contre lesquels Aoun s’était longtemps emporté, avant d’effectuer ses nombreux pèlerinages à Damas). Parmi ces accords figure l’interdiction de servir du territoire d’un pays contre l’autre. Pour Aoun, cet accord doit être appliqué dans un sens unique, puisque les armes du Hezbollah continuent à se déverser depuis le territoire syrien !

A juste titre, Aoun a encore une fois défendu la « Résistance » et insisté sur la nécessité de protéger son armement. N’étant pas à une contradiction près, le général, qui avait témoigné contre le Hezbollah au Congrès américain en 2003, avant de signer un arrangement avec Hassan Nasrallah trois ans plus tard, n’a pas peur de se ridiculiser. Il a affirmé, ce 24 février, que « le Hezbollah (et l’Iran) doit soutenir Assad », violant ainsi les accords bilatéraux qu’il souhaite appliquer !

La chute prévisible du dictateur syrien inquiète ses alliés libanais et les rend furieux, estiment les observateurs. Leur nervosité s’exprime à travers leur verbe haut, mais également à travers leurs propos incohérents. L’effondrement de la popularité du général Aoun et le vent de rébellion qui souffle sur la communauté chiite, de plus en plus hostile au Hezbollah, en attestent.

Conscients que « la Résistance est sur le point de sortir de l’histoire », le ministre libanais de l’Education, Hassan Diab, à la demande du Hezbollah, a décidé unilatéralement d’enseigner « la Résistance et ses martyrs à l’école publique ». Une heure d’idéologisation devait ainsi être imposée à toutes les classes, entre le 13 et le 18 février. Mais ayant soulevé l’indignation de la classe politique, du corps enseignant et de la population libanaise, la décision semble avoir été abandonnée, en tout cas peu appliquée.

Ainsi, la Fatwa de l’ayatollah iranien Jannati semble avoir été suivie à la lettre par le général Michel Aoun. Plusieurs dissidents du Courant Patriotique Libre (CPL) ironisent : « par opportunisme, Aoun aurait dû déjà se convertir au chiisme. Mais pour être président de la République, il doit être maronite. Mais malgré ses efforts déployés depuis plus de 24 ans, Aoun ne trouve pas de sponsors pour devenir président ! ». Pour ses anciens lieutenants, qui l’ont côtoyé de près, « ses tiraillements et ses contradictions attestent que le général est dans une situation désespérée et insurmontable... ».

Dario S.