Le verdict est attendu le 9 décembre prochain

La Haute cour administrative égyptienne tend à autoriser le port du Niqab

Expression vestimentaire de l’islamisation galopante en Egypte

lundi 13 novembre 2006 - 21h54 , Traduit par

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La prolifération du port du Niqab en Egypte a provoqué une vive polémique. Les uns affirment qu’il s’agit d’un habit religieux qui doit être autorisé, d’autres estiment qu’il s’agit d’une tradition importée d’Arabie, qu’il convient d’interdire. L’Université américaine du Caire l’avait interdit. La justice est saisie de l’affaire.

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Après plusieurs années d’une procédure émaillée de polémique contre l’Université américaine du Caire, la Haute cour administrative égyptienne s’apprête à trancher. Ses magistrats viennent de recevoir l’avis des Conseillers juridiques de la cour. Dans leur avis – consultatif et n,on exécutoire – les conseillers demandent que soit cassée l’interdiction faite par la direction de l’Université visant les filles intégralement voilées avec le Niqab. Les Conseillers estiment en effet que l’interdiction du port du Niqab dans les endroits publics est une violation flagrante de la liberté individuelle et de la liberté religieuse, garanties par la constitution égyptienne (article 40). Ils précisent que la constitution interdit la discrimination religieuse, et le port du Niqab est l’expression de la foi ».

La polémique autour du port du Niqab secoue de plus en plus la société égyptienne, particulièrement islamisée ces dernières années, et où le port du Niqab prolifère à grande vitesse [ lire notre analyse à ce sujet], y compris au sein de la classe aisée qui fournit l’essentiel des effectifs de l’Université américaine. Celle-ci avait interdit l’entrée des étudiantes portant le Niqab pour des raisons sécuritaires, craignant que des hommes puissent se déguiser en Niqab pour entrer dans l’enceinte de l’Université et commettre des actes hostiles, et pour des raisons pratiques, notamment pendant les examens. Les examinateurs ne pouvant pas vérifier l’identité de l’étudiante examinée sous le Niqab, ce qui ouvrait la porte à la fraude. Mais les Conseillers, dans leur recommandations, demandent à la Haute cour administrative de réfuter cet argument. Ils estiment que l’Université peut et doit prendre les dispositions nécessaires pour faire cohabiter la sécurité et le Niqab. Et ce, à travers l’instauration de fouilles des femmes en Niqab par d’autres femmes. La Haute cour administrative doit rendre son verdict le 9 décembre prochain.

Lire l'article original : Elaph.com