La Syrie menace ses alliés libanais et les pousse à mettre en échec toute médiation arabe

mardi 6 février 2007 - 22h01

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Farès Khachane, du quotidien « Al Mustaqbal », porte-parole du Courant du Futur (Hariri – Alliance du 14 mars) revient ce matin sur les dernières évolutions de la crise libanaise. Il souligne que « le président du parlement, Nabih Berri [NDLR : qui avait ouvert le feu, samedi dernier, sur la majorité, l’accusant de vouloir créer un Tribunal international non pas pour obtenir justice, mais par souci de vengeance (…)] est condamné par ses commanditaires syriens à prendre des positions souvent contradictoires. Consciente de la délicatesse de sa position, la majorité tente de l’épargner dans ses ripostes (…) ». Khachane souligne que « la Syrie tente, à travers sa manipulation de Berri, de barrer la route à la médiation saoudo-iranienne. Un émissaire syrien représentant les services de renseignements s’est rendu chez le président du Parlement, après les entretiens téléphoniques entre Berri, le président français Chirac, et le premier ministre Siniora (25 janvier), au lendemain de la Conférence de Paris-III. Cet émissaire a transmis à Berri des menaces sérieuses, affirmant que les Services syriens soupçonnent la CIA de préparer un attentat contre lui qui aurait lieu quand Berri modère ses positions. Il est ainsi prié de durcir ses positions contre le gouvernement, de refuser toute sorte de consensus et de s’opposer au Tribunal international ».

L’auteur ajoute : « Berri a compris le message et a dégainé, tirant sur la majorité à boulets rouges. La presse syrienne l’a relayé et a brisé le silence qu’elle s’était imposé à la demande de Michel Aoun et de Sleiman Frangieh, qui craignaient que l’appui syrien dont ils bénéficient ne soit fatal pour leur popularité. La presse syrienne a repris ses attaques contre l’Arabie saoudite qui refuse d’associer Damas à ses efforts avec l’Iran… »

Khachane n’épargne pas le général Aoun dans son analyse, et ajoute que « l’évolution de la situation réjouit le général, qui a oublié ses propos tenus durant ses années d’exile sur le pyromane syrien, et qui mise aujourd’hui sur le pompier syrien. Car Aoun sait que toute médiation non syrienne sera fatale à son rêve présidentiel. D’autant plus que le conflit aujourd’hui se déroule notamment autour du futur président et toute solution consensuelle parrainée par l’Arabie et l’Iran, avec la bénédiction occidentale, ne peut accepter Aoun comme président. Mais fidèle à ses habitudes, Aoun ne s’avoue pas vaincu. Il collectionne les défaites et rappelle qu’une bataille perdu n’engage pas la perte de la guerre. Lors d’une récente réunion, il a reproché à ses proches la désaffection des militants et a décidé d’attribuer plus de responsabilités aux militaires de son courant, au détriment des civils. Aoun a quitté son uniforme de ville pour endosser le treillis militaire. Il affirme détenir désormais des armes pour défendre ses permanences. Et c’est ce que veut la Syrie… »

Lire l'article original : Al Mustaqbal - Liban