L’Iran organise le premier concours international sur l’Holocauste
Un Français gagne le deuxième prix
Pour Téhéran, "déclarer la haine contre les sionistes c’est déclarer l’amour à leurs victimes"
jeudi 2 novembre 2006 - 12h01, par Chawki Freïha - Beyrouth
En riposte à la publication des caricatures du Prophète au Damenark, puis dans le reste du monde occidental, l’Iran avait organisé le "premier concours international de dessins humoristiques sur l’holocauste", doté de généreuses primes. Un français est deuxième.
Selon le quotidien libanais "Assafir", l’Iran a distribué hier les prix du meilleur dessin humoristique, à l’issue de l’exposition (et concours) internationale consacrée à l’holocauste. Téhéran avait organisé cette compétition en riposte à la publication des caricatures du Prophète par la presse danoise, dessins repris par d’autres médias en Occident. Selon le ministre iranien de la Culture, "à chaque fois qu’un individu déclare sa haine aux sionistes détestables, il déclare automatiquement son amour pour les victimes de leurs crimes". Le ministre a ajouté que "la grande victoire de l’exposition et du concours réside dans le fait que le tabou de l’holocauste a enfin été brisé".
Les trois premiers prix ont été attribués hier, en l’absence des gagants. L’embargo et les pressions diplomatiques exercés sur l’Iran les ont empêchés de s’y rendre. Toutes les "oeuvres" sont publiées sur un site internet iranien et leurs auteurs se sont vus attribuer des statuettes représentant un enfant palestinien lançant des pierres contre des soldats israéliens.
Quant au premier prix, il revient au Marocain Abdallah Darkaoui, empêché de faire le déplacement pour recevoir les 12.000 dollars qui lui sont alloués. Le deuxième prix, de 8.000 dollars a été attribué ex aequo au Brésilien Carlos Latuff et à un Français (chacun recevra 4.000 $), dont l’identité n’a pas été révélée, pour lui épargner des ennuis avec la justice dans son pays, où le révisionnisme est un crime, précise le journal "Assafir". Mais sur le site iranien, où sont exposés tous les dessins, il s’agi du français A-Chard. Le troisième prix revient à un Iranien, qui a reçu 5.000 dollars.