Hold-up sur le Liban

A la croisée des chemins, le Liban est le théâtre d’une confrontation entre le monde libre et l’obscurantisme

Editorial de Khaled Asmar

mardi 23 janvier 2007 - 17h58, par Mediarabe.info

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Grâce à leurs télévisions, radios et journaux, les opposants et avec à leur tête le Hezbollah, mènent une virulente campagne pour justifier la politique suicidaire qu’ils se sont fixés, au service de leurs bailleurs de fonds Iraniens et Syriens.

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Ainsi, depuis le 14 août 2006 et le cessez-le-feu obtenu grâce à la résolution 1701, mettant un terme à une guerre de 34 jours, les médias de l’opposition ne cessent de marteler que le gouvernement libanais agit aux ordres de l’Occident. Hassan Nasrallah l’avait rebaptisé « gouvernement Filtman », du nom de l’ambassadeur américain à Beyrouth.

Pourtant, il n’est plus un secret pour personne que la guerre provoquée le 12 juillet 2006 par le Hezbollah, en capturant deux militaires israéliens et en en tuant huit autres, visait à améliorer les conditions de négociation de l’Iran autour de son programme nucléaire, et de la Syrie pour empêcher la formation du Tribunal international. L’ironie veut que pendant que le Liban était terrassé sous les bombes israéliennes, la Syrie, « championne de la défense de la nation arabe », négociait en secret avec « l’ennemi sioniste » un plan de paix. Le régime de Damas a ainsi utilisé ses alliés au Liban comme chaire à canon pour mieux négocier et sauver son régime.

Après sa réussite à détruire le Liban, le Hezbollah a usé de l’argent iranien pour indémniser les victimes. Plusieurs centaines de millions de dollars - de l’argent propre - ont été injectés pour réhabiliter et restaurer les maisons et autres bâtiments. Mais aussi, des soupçons planent sur le Hezbollah et sur le général Aoun, accusés de verser des salaires à leurs partisans au sein de l’armée libanaise, pour acheter leur loyauté. Selon le quotidien koweïtien « Al Seyassah », les Etats-Unis auraient demandé au gouvernement libanais d’enquêter autour des informations faisant état de plus de 2.500 militaires et officiers, chiites et chrétiens, partisans du Parti de Dieu et du général Aoun, qui toucheraient entre 500 et 1.600 dollars par mois, versés par l’Iran. Si ces informations se confirment, l’infiltration de l’armée par l’opposition neutralise les forces de sécurité et limite la marge de manoeuvre sécuritaire du gouvernement. C’est en partie ce qui explique que l’armée n’est pas intervenue aujourd’hui pour ouvrir les principales routes du pays.

Fort des exploits de sa Résistance et de l’argent iranien, Hassan Nasrallah a promis, encore hier, que le Liban ne fera jamais partie du Moyen-Orient américano-sioniste, confirmant les propos du Guide de la République islamique d’Iran, Ali Khamenaï, qui avait affirmé que le Liban sera le cimetière du projet américain. Nasrallah s’est aussi promis de mettre en échec la conférence des pays donateurs prévue le 25 janvier à Paris. Les émeutes insurrectionnelles de ce mardi devraient ainsi se poursuivre pour empêcher Fouad Siniora de se rendre à Paris. Pour Nasrallah, l’Occident a promis d’aider financièrement le gouvernement, en contre-partie du désarmement du Hezbollah.

Le Liban connaît ainsi une confrontation entre deux projets : celui prôné par l’Iran et la Syrie, qualifié par Samir Geagea de rétrograde, et celui soutenu par le monde libre. De l’issue de ce combat dépendra l’avenir du Liban, et avec lui l’avenir de la région et du monde. Comme d’habitude, le Liban constitue aujourd’hui la première ligne de défense de l’Occident et de ses valeurs de liberté et de progrès, face à l’obscurantisme.

2 Messages de forum

  • Le Liban à la croisée des chemins ?

    24 janvier 2007 17:55, par Maryse I*

    "Le Liban constitue aujourd’hui la première ligne de défense de l’Occident et de ses valeurs de liberté et de progrès face à l’obscurantisme ", écrivez-vous avec justesse. Mais l’Occident, hélas, tend à ne plus bien savoir ni d’o๠il vient ni, surtout, que les valeurs de liberté et de progrès, lentes à conquérir, ne sont pas des " avantages sociaux " acquis une fois pour toutes !

    Du chœur des pleureuses de la bonne conscience internationale s’apitoyant sur le sort de Saddam (au lieu de soulever la bonne question, pourquoi si vite !) et de ses acolytes aux tenants du "dialogue " avec Ahmadinejad, l’Occident devrait méditer ce proverbe arabe : "Si tu es lion, je serai mouton, mais si tu es mouton, je serai lion. "

    Aider financièrement le Liban, oui, mille fois oui, mais qui se portera garant du respect de la contrepartie concernant les armes du Hezbollah qui se vantait, il y a peu, de "faire entendre sa voix jusqu’à Paris" ? Et qui se chargera de faire le travail ?

    Souhaitons le succès de Paris III ! Après tout, chahuté, contesté, insulté,confronté aux grèves et autres troubles à l’ordre public, le gouvernement n’a pas cédé à la rue !

    J’attends avec impatience de lire vos analyses.

    • juste une correction au titre , au lieu de "Liban" il faudrait mettre le "monde Musulman".
      Puis signaler que la croisée des chemins
      comporte la "voie royale" de la plus formidable épuration éthnique réalisée au nez et à la barbe du monde laique,
      L’EXPULSION DE TOUT CEUX QUI NE SONT PAS MUSULMANS des pays à majorité musulmane.