AQMI décapitée, aura-t-elle la capacité de se venger ?

L’intervention franco-africaine contre AQMI, au Mali, est à mi-chemin

Deux des cinq cibles prioritaires auraient été éliminées

samedi 2 mars 2013 - 22h28, par Mediarabe.info - Roma

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Alors que les informations sur la mort de Abdelhamid Abou Zeid, le week-end dernier, attendent confirmation formelle des autorités françaises, l’état-major tchadien annonce ce soir avoir éliminé Mokhtar Belmokhtar. Ces deux chefs terroristes font partie d’une liste prioritaire des hommes à abattre, qui en comprend cinq.

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Selon des sources bien informées, proches des milieux du renseignement, l’objectif de l’opération Serval, engagée par la France au Mali, avec l’appui de plusieurs autres Etats africains, est bien défini. « Il s’agit d’éliminer cinq chefs terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et de ses alliés ». Cette liste, établie par l’Unité de Coordination de la Lutte contre le Terroriste (UCLAT), comprend, selon ces sources, Iyad Ag Ghali, l’émir d’Ansar Dine ; Abdelkrim Targui (dit « le Touareg »), qui dirige « Katiba Al-Ansar » et qui n’est autre qu’un cousin et proche de Ghali ; Abdelhamid Abou Zeid, très vraisemblablement abattu ; Yahia Abou El-Hemmam (ou Djamel Okacha), nommé par Abou Messaab Abdelouadoud (Abdelmalek Droukdel), émir d’AQMI, comme responsable de la branche au Sahel ; et Hamada Ould Mohamed Kheirou (Alias Abu Qumqum), dirigeant du MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest).

Malgré la violence des combats, la puissance de feu et la capacité manœuvrière d’AQMI et de ses alliés, atteindre les objectifs de l’opération Serval semble à portée de main. L’élimination de deux des principaux dirigeants terroristes devraient en effet affecter le moral de leurs disciples et accélérer la débâcle des terroristes. Mais ce scénario accentue, pour un moment, le risque de réactions violentes contre les ressortissants français et les intérêts de la France, notamment en Afrique, mais aussi en métropole. Mais c’est sans doute le prix à payer pour se débarrasser définitivement d’une organisation qui, dès sa naissance en septembre 2006, avec la bénédiction d’Oussama Ben Laden et Ayman Zawahiri, avait affirmé être « une épine dans la gorge de la France ». Dans la vidéo d’allégeance du GSPC à Al-Qaïda, et sa transformation en AQMI, les chefs historiques d’Al-Qaïda avaient fixé la feuille de route de leur filiale maghrébine : « les lions de l’Atlas combattront la France et la chasseront des terres musulmans ».

De ce fait, l’élimination de ces cibles prioritaires, et de centaines d’autres terroristes, déjà acquise depuis le début de l’opération Serval, ne justifie aucun relâchement de la lutte contre le terrorisme. Les islamistes déclarés, mais aussi les islamistes en herbe, endoctrinés et nourri à la haine de l’Occident (bien qu’ils y vivent), pourraient être tentés de venger AQMI. L’ancien chef d’état-major de l’armée algérienne, le général de corps d’armée Mohamed Laamari, avait reconnu « les difficultés de combattre et d’éradiquer les terroristes au maquis, au moment où l’école et la mosquée algérienne fabriquaient de nouveaux terroristes ». Ce raisonnement vaut pour les autres pays, affirment les spécialistes.

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