Liban : le calme revient - provisoirement ? - à Beyrouth après les violents accrochages nocturnes entre "alliés". Un scénario machiavélique pour justifier une intervention de la Syrie ?

Hassan Nasrallah invite l’armée libanaise à s’équiper en armements iraniens, pour mieux la soumettre par la suite

mercredi 25 août 2010 - 11h37, par Mediarabe.info

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Après plusieurs heures de violents accrochages entre des miliciens du Hezbollah et des partisans du mouvement radical sunnite des "Ahbaches", le calme est revenu à Beyrouth tard dans la nuit. Les deux parties impliquées dans ces violences doivent se réunir cet après-midi pour "tourner la page". Wià¤m Wahhab, porte-parole de la Syrie au Liban, évoque la nécessité d’une intervention militaire syrienne pour empêcher la guerre entre chiites et sunnites !

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Les violences ont fait quatre morts, dont un responsable local du Hezbollah et son adjoint, et d’importants dégâts matériels, notamment après l’incendie d’un supermarché appartenant à l’Association caritative islamique, connue sous le nom des « Ahbaches ».

Pour tourner la page des violences, la direction du Hezbollah et celle des Ahbaches doivent se réunir cet après-midi, et réitérer leur position commune qualifiant les heurts de « personnels et privés, démunis de tout caractère politique ou confessionnel ». Car, rappelons-le, les deux parties sont alliées au sein de l’opposition, et ont en commun un ami (la Syrie) et un adversaire (le mouvement du Futur de Saad Hariri). En effet, Al-Ahbaches est un mouvement radical créé au milieu des années 1980 par les Services syriens qui le manipulent en fonction des besoins de Damas. Depuis 2005 et le retrait syrien du Liban, au lendemain de l’assassinat de Rafic Hariri, le Hezbollah aurait contribué au financement et à l’armement de ce groupe radical sunnite, à l’instar d’autres mouvements de la même confession à Tripoli, à Akkar et dans la Békaa, dans l’objectif d’affaiblir le principal mouvement politique sunnite, le courant du Futur, et l’ensemble de la majorité souverainiste. De ce fait, les accrochages de la nuit dernière ont surpris les observateurs dont certains y voient « un affrontement syro-iranien par alliés interposés ». Le quotidien « Al-Liwa » évoque cette hypothèse et la lie à des divergences entre Damas et Téhéran dans plusieurs dossiers régionaux, dont l’Irak et le Tribunal international pour le Liban. D’autres redoutent un scénario machiavélique destiné à « provoquer une guerre entre chiites et sunnites, fussent-ils alliés, pour justifier une intervention militaire syrienne salutaire ». C’est du moins le scénario développé ce matin par l’ancien ministre Wiäm Wahhab, un porte-parole officieux de la Syrie au Liban.

La réunion de « réconciliation » prévue ce mercredi soir mettra sans doute un terme aux événements d’hier, mais ne traitera pas les véritables raisons de la tension qui en sont responsables. Elle évoquera encore moins la question de la prolifération des armes, et celle du rôle essentiel des forces de sécurité et de l’armée dans le maintien de l’ordre. L’armée libanaise est en effet interdite dans certaines zones de non-droit, comme dans les fiefs du Hezbollah, dont le secrétaire général, Hassan Nasrallah, a appelé hier les responsables libanais à « équiper l’armée libanaise auprès de l’Iran », dénonçant l’Occident qui conditionne les fournitures d’équipements à l’armée à sa neutralité face à Israël. « Ce qui ne sera pas le cas avec l’Iran ». Nasrallah a proposé d’évoquer cette question lors de la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinedjad au Liban, prévue à l’issue du mois de Ramadan (courant septembre).

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