Elections iraniennes : Ahmadinedjad en difficulté, les conservateurs préparent la fraude

vendredi 12 juin 2009 - 16h57, par Randa Al Fayçal - Dubaï

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Selon plusieurs télévisions arabes, l’affluence aux urnes en Iran a poussé les autorités à prolonger le vote, ce soir. Mais des signes précurseurs attestent que le président sortant est en difficulté et risque de perdre. Ce qui justifie le recours à la fraude massive.

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C’est ainsi qu’il convient d’interpréter l’annonce par l’agence de presse Fars, liée aux Gardiens de la Révolution, soulignant que le taux de participation dans les zones rurales dépasse les 90%. Selon la télévision « Al Arabiya », les électeurs des zones rurales sont généralement acquis aux Pasdarans. En gonflant leur participation aux élections, le camp de Mahmoud Ahmadinedjad compte compenser les pertes subies dans les zones urbaines, où la population aspire à la liberté et est plus proche des réformateurs.

L’autre signe qu’une fraude massive est en gestation est sans doute la censure qui vient de frapper les sites internet hostiles au président sortant, et l’arrêt des émissions de plusieurs chaînes de télévision satellitaires iraniennes réputées proches des réformateurs. Selon plusieurs Iraniens rencontrés aux Emirats Arabes Unis, pays considéré comme le poumon économique et financier de l’Iran, « les conservateurs redoutent que la déroute électorale du Hezbollah au Liban ne contamine l’Iran et n’inflige une défaite aux conservateurs et à leur politique de résistance et de confrontation avec les forces de l’arrogance américano-sioniste ».

A l’inverse, d’autres observateurs estiment que « le changement attendu en Iran, après celui réalisé au Liban, pourra relancer le dialogue entre l’Occident et la République islamique, sans que celle-ci ne perde la face ». Dans de telles conditions, les adversaires de l’Iran et de son programme nucléaire, comme Israël et les Etats-Unis, perdent une occasion rêvée de lancer une campagne militaire contre ses centrales nucléaires. Mais les voisins immédiats de la République islamique, comme les monarchies du Golfe, craignent qu’« une solution politique et diplomatique de la crise nucléaire, dans le sillage de l’alternance, ne maintienne l’Iran comme une puissance conventionnelle et renforce son influence sur la région ».

Randa Al-Fayçal

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