Il est vrai que le conflit entre le Caire d’une part, le Hezbollah, l’Iran et le Hamas d’autre part, avec une implication au moins morale et médiatique de la Syrie qui constitue le deuxième pilier de l’alliance chiite, est d’une extrême importance. C’est sans doute ce qui pousse certains de nos lecteurs à nous accuser de vouloir sciemment le minimiser, pour protéger le Hezbollah. Ces lecteurs, sans doute minoritaires et inconscients, nous accusent de « retourner notre veste »…
En guise de réplique à tous nos lecteurs, surtout à cette dernière catégorie, notre plus simple réponse consiste à rappeler, avec les liens correspondants, que nous avons été les premiers à prévenir du caractère terroriste transnational du Hezbollah, et à dévoiler les tentatives d’infiltration menées par l’Iran et son bras militaire extérieur dans le monde, à travers les conversions au chiisme, généreusement rémunérées.
Le 2 décembre 2006, nous avions publié une analyse relative aux ambitions iraniennes d’étendre l’Empire perse depuis l’Asie jusqu’à la Méditerranée, en englobant l’Irak et la Syrie, et une extension vers le Liban et Gaza.
Le 18 décembre 2006, nous avions publié un article concernant les mesures prises par l’Algérie pour limiter les risques des conversions. Onze enseignants chiites avaient alors été mutés et empêchés de tout contact avec les élèves.
Le 19 décembre 2006, nous avions publié un article du quotidien « Al Hayat » consacré au Soudan, où les sunnites mettaient déjà en garde contre un plan iranien de conversion au chiisme.
Le 29 janvier 2007, nous avions mis en ligne une vidéo montrant l’importance de l’infiltration chiite en Allemagne, une communauté particulièrement inféodée au Hezbollah et au concept de Wilayat Al-Faguih.
Le 20 février 2007, nous avions mis en ligne une analyse relative à la promotion du chiisme au Maroc où les conversions se multiplient. Le Maroc vient d’ailleurs de fermer une école irakienne, qui répandait cette confession et menaçait le rite malékite. Après avoir longtemps surveillé et poursuivi des activistes soupçonnés de promouvoir le chiisme, le Maroc a coupé les relations diplomatiques avec l’Iran.
Le 2 juillet 2007, nous avions insisté sur l’arrestation d’un responsable du Hezbollah libanais en Irak (Bassorah). Ali Moussa Dakdouk est toujours détenu par les Britanniques, mais pour l’échanger contre plusieurs ressortissants anglais, Londres a entamé un dialogue avec ce qu’il appelle l’aile politique du Parti en recevant Hussein Hajj Hassan à la Chambre des Communes en mars 2009. Les Britanniques ne semblent trouver aucune gêne à se faire humilier. Le N°2 du Hezbollah Naïm Qassem, vient d’affirmer que le Hezbollah est le plus important parti au Liban, et qu’il n’y avait pas d’aile politique et d’aile militaire au sein du Parti.
Le 19 février 2008, nous avions couvert l’arrestation d’un groupe terroriste au Maroc, parmi lequel figurait le correspondant de la télévision du Hezbollah « Al-Manar ». Le ministre marocain de l’Intérieur avait affirmé que le groupe terroriste démantelé avait des liens avec Al-Qaïda, mais aussi avec le Hezbollah. Il avait tenté d’implanter un camp d’entraînement au Liban.
Le 25 mars 2008, l’évolution de la scène terroriste nous permettait de décrire comment le Hezbollah de Hassan Nasrallah et Al-Qaïda de Ben Laden vacillaient entre complémentarité et concurrence et de conclure que la connexion entre les deux mouvements extrémistes, l’un chiite, l’autre sunnite, semblait être établie en Iran. En dépit des divergences idéologiques entre les deux branches de l’islam, une convergence objective leur est indispensable, puisque leurs buts sont similaires : « éliminer Israël et punir l’Occident ». L’alliance stratégique entre le Hezbollah et le Hamas palestinien n’est plus à démontrer… Le bellicisme de ce conglomérat composé par Téhéran, Damas, le Hezbollah et le Hamas, vient d’être confirmé par l’Egypte, au détriment de sa sécurité. Nous avons conclu que « le Hezbollah n’était pas moins dangereux et menaçant qu’Al-Qaïda ». Dix mois plus tard, notre lecture de la situation a été confortée par une analyse de la CIA, publiée début février 2009.
Le 5 avril 2008, nous avions consacré un article au rapprochement entre l’Iran et le Soudan, ce dernier servant de tremplin pour la conquête de l’Afrique. Cette analyse avait mis l’accent sur la poussée chiite en Afrique du Nord où les chiites algériens et marocains avancent à visage découvert et constituent, à long terme, une menace pour la stabilité de cette région. Nous avons précisé que cette offensive était plus générale, et géographiquement, elle correspondait à la présence de la diaspora libanaise chiite. Les exemples ne manquent pas : les célébrations de la fête de « Ashoura » et les scènes d’autoflagellation se déroulaient en public, sur le Vieux continent et les Chiites libanais célèbrent « l’anniversaire de la libération du Sud Liban » et la victoire de la Résistance (chiite) contre Israël dans plusieurs pays européens et américains. Le Mouvement Amal organise ces festivités en Allemagne (Berlin et Hambourg), au Venezuela (Caracas) et aux Etats-Unis (Michigan)... Nous avions expliqué comment la diaspora libanaise chiite remplissait une double mission : financer le Hezbollah et Amal au Liban, et exporter la Révolution Chiite dans les pays d’adoption.
Le 25 mai 2008, nous avions mis en ligne les photos attestant de la présence du Hezbollah au Nigeria et expliqué comment l’influence de l’Iran sur l’Afrique ne se dément plus. Au moment où le monde entier combattait les radicaux sunnites représentés par Al-Qaïda et Oussama Ben Laden, d’autres radicaux travaillaient dans l’ombre pour étendre leur influence grâce aux très nombreuses conversions au chiisme à travers le monde.
Le 3 juillet 2008, nous avions évoqué la poursuite de la campagne de chiitisation au Yémen, et l’accroissement de l’inquiétude égyptienne quant au phénomène. Nous avions mis l’accent sur les mises en garde du Caire contre l’hégémonie chiite orchestrée par l’Iran pour infiltrer la société égyptienne. Des groupes de prêcheurs chiites se développent dans les nouvelles villes et font la promotion de leur confession. Des milliers de nouveaux chiites ont demandé au ministère des Affaires religieuses l’autorisation de construire des mosquées. Mais le ministère de l’Intérieur ayant été alerté, les autorités religieuses ont rejeté ces demandes. Plusieurs oulémas sunnites égyptiens, membres du Comité interreligieux relevant d’Al-Azhar et chargé du rapprochement entre Sunnites et Chiites, auraient été corrompus. Chacun aurait reçu 3.000 dollars versés par l’Iran contre « effort consenti ». Ce qui prouve, selon les autorités égyptiennes, que la République islamique a des visées expansionnistes au pays du Nil. Face à ce risque, le ministère de l’Intérieur devait recruter des oulémas spécialistes du chiisme afin de former les officiers des renseignements généraux et de la police, ainsi que les responsables des prisons, sur les dangers du chiisme et les meilleurs moyens d’y faire face.
Le 18 septembre 2008, MediArabe.info avait également publié une photographie du déploiement du Hezbollah dans les monarchies du Golfe.
Plus récemment, le 22 décembre 2008, nous avions publié une analyse relative au blocus de Gaza : Comment le blocus de Gaza menace-t-il l’Arabie et l’Egypte. Dans cet article, nous avions mis en garde contre la volonté de l’axe syro-iranien d’allumer le front à Gaza pour déstabiliser le Pays du Nil. Mais les services égyptiens avaient déjà arrêté plusieurs agents du Hezbollah.
Le 30 décembre 2008, en plein guerre de Gaza, nous avions consacré une analyse à la ligne de démarcation séparant l’Iran et la Syrie de l’Egypte et l’Arabie, qui passe par Gaza et qui prend Israël en étau. Dans notre article, nous avions mis l’accent sur les appels de Hassan Nasrallah et de la Syrie, lancés aux Egyptiens, les invitant à rééditer le coup d’Etat de 1952 contre Hosni Moubarak.
Le 5 janvier 2009, nous avions également souligné que l’Iran avait promis une prime d’un million de dollars à quiconque assassinerait le président égyptien. Nous avions également révélé le démantèlement de plusieurs réseaux du Hezbollah en Egypte, et comment le Caire soupçonnait une implication du Parti de Dieu dans les attentats de Charm El-Cheïkh des trois dernières années.
Le 8 janvier 2009, nous avions mis en ligne des propos particulièrement hostiles à Hassan Nasrallah publiés par la presse égyptienne qui n’utilisait déjà plus de gants.
Pour tout ce que nous avions déjà écrit, nous sommes fiers de pouvoir dire que ce qui se déroule actuellement entre l’Egypte et le Hezbollah ne nous surprend guère. C’est le contraire qui nous aurait étonnés. Nous espérons que les derniers supporters aveuglés par le discours du Hezbollah finissent par se rendre à l’évidence et admettre son caractère terroriste et sa dangerosité. Nous souhaitons également que ceux qui ont vendu leur âme et leur plume à cette organisation terroriste se ressaisissent avant qu’il ne soit trop tard.
Khaled Asmar
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