L’intégration des Marocains en Occident : le limogeage d’un policier d’origine marocaine aux Pays-Bas pourrait être préjudiciable pour une candidate aux législatives au Canada

mardi 16 septembre 2008 - 19h11, par Randa Al Fayçal - Dubaï

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Selon le site marocain "Hespress", les autorités de Rotterdam ont limogé un policier d’origine marocaine, accusé d’espionnage au profit du Maroc, après une enquête des services de contre-espionnage. Mais l’homme en question n’a pas été poursuivi en justice ; il a simplement été remercié, après 19 ans de service dans la police.

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Si la télévision « Nova », à l’origine de ces révélations, n’a pas précisé la date de ce limogeage, le site marocain « Hespress » rappelle qu’un autre fonctionnaire hollandais d’origine marocaine avait subi le même sort. Traducteur au sein des services de renseignement, il avait été accusé de transmettre des informations sensibles à Rabat.

Pourtant, le site marocain rappelle que le policier récemment limogé se voulait un « exemple d’intégration aux Pays-Bas », et était « très actif sur le plan culturel et social pour aider les jeunes issus de l’immigration marocaine à s’intégrer à travers le travail et l’éducation ». Il avait conduit le projet « Maxima » au profit des immigrés, et l’épouse du prince héritier des Pays-Bas avait supervisé la remise des trophées à 57 jeunes bénéficiaires, en février dernier.

En tout état de cause, la découverte de cet agent, après 19 ans de service, inquiète les autorités hollandaises, notamment concernant la « loyauté des hauts fonctionnaires d’origine étrangère », d’autant plus que certains ont réussi à parvenir à la haute fonction et à occuper des responsabilités sensibles dans l’administration.

Pourtant, cet espionnage semble viser uniquement les ressortissants marocains aux Pays-Bas, comme dans d’autres pays européens. Depuis des décennies, Rabat cherche à surveiller - et à soumettre - la communauté marocaine établie à l’étranger, notamment dans le cadre de la lutte contre l’infiltration marxiste pendant la guerre froide, puis contre l’islamisme (lire à ce sujet nos informations du 18 mars 2008).

Pour « Hespress », cet épisode apportera de l’eau au moulin de l’extrême droite hollandaise qui fait de l’immigration son sujet de prédilection. Mais ceci n’a pas empêché le site de dire sa fierté et de faire la promotion de la candidate d’origine marocaine aux élections législatives au Canada. « Samira Al-Aouni, la première femme d’origine marocaine portant le voile, candidate aux élections fédérales au Canada », titre le site ce matin. Après avoir retracé son parcours (doctorat obtenu à la Sorbonne, à Paris, puis départ au Canada avec son époux où elle est membre actif du « Congrès islamique canadien »...) et décrit son travail dans une grande entreprise, « Hespress » insiste sur le courage politique de la candidate : « elle n’a pas hésité à défendre la cause de nombreux ressortissants arabes, détenteurs de diplômes en aéronautique, mais interdits de travail en raison de leur origine... » (NDLR : allusion au 11 septembre 2001). Al-Aouni a également osé dénoncer les nouvelles lois sur l’immigration instaurées par les conservateurs, et promis de les modifier, souligne le site.

En s’étalant sur le cas Al-Aouni au Canada, tout en mettant en avant le cas du policier limogé aux Pays-Bas pour espionnage, le site « Hespress » rend un service inestimable aux adversaires politiques de la candidate, qui ne manqueront pas d’utiliser ce parallèle dans la campagne électorale.

Randa Al Fayçal

Lire l'article original : Hespress (Maroc)