« L’influence iranienne est énorme là-bas, et il y a pas mal de conversions au chiisme, conversions payées, bien sûr », confirmait récemment un diplomate européen en poste en Afrique noire. Le rayonnement de la Révolution iranienne ne se limite désormais plus à l’Irak de l’après-Saddam Hussein, ni à la Syrie de Bachar Al-Assad. Grâce au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, l’Iran confirme sa présence jusqu’à Gaza. Le régime des Mollahs déstabilise les monarchies sunnites du Golfe grâce à son appui aux minorités chiites en Arabie, au Koweït et au Yémen, sans oublier ses visées sur le Bahreïn (où les chiites sont majoritaires au sein de la population) et son alliance avec le Qatar – qui, rappelons-le, abrite la plus grande base militaire américaine dans la région. En Bosnie, sous couvert de « centres culturels iraniens » qui fleurissent notamment à Sarajevo, le chiisme, inconnu jusque là dans les Balkans, connaît également une croissance pour le moins déroutante. Récemment, c’est avec le Soudan que Téhéran a signé un accord stratégique destiné, à ne pas en douter, à contrôler la Mer Rouge et à encercler l’Egypte et infiltrer le Continent noir.
La poussée chiite touche également l’Afrique du nord, et les chiites algériens et marocains avancent désormais à visage découvert et constituent, à long terme, une menace pour la stabilité de cette région, où le risque d’une transposition du conflit confessionnelle hante les régimes. Mais cette offensive est plus générale, et géographiquement, elle semble correspondre à la présence de la diaspora libanaise chiite. Les exemples ne manquent pas : les célébrations de la fête de « Ashoura » et les scènes d’autoflagellation se déroulaient en public, sur le Vieux continent et les Chiites libanais célèbrent, ce dimanche et lundi (25 et 26 mai) « le 8ème anniversaire de la libération du Sud Liban » et la victoire de la Résistance (chiite) contre Israël dans plusieurs pays européens et américains. Le Mouvement Amal organise ces festivités en Allemagne (Berlin et Hambourg), au Venezuela (Caracas) et aux Etats-Unis (Michigan)...
Cette diaspora libanaise remplit une double mission : financer le Hezbollah et Amal au Liban, et exporter la Révolution Chiite dans les pays d’adoption. Ainsi, plusieurs entreprises appartenant aux Chiites, en Europe et en Afrique, versent une partie de leurs recettes aux mouvements politiques au Liban (y compris au CPL du général Michel Aoun, l’allié opportuniste du Hezbollah. Gebran Bassil, le gendre du général Aoun, a effectué plusieurs voyage en Afrique pour récolter des dons et financer la télévision OTV...). L’autre mission porte sur le prosélytisme chiite qui réussit à convertir de plus en plus d’autochtone. Ainsi, le Hezbollah confirme son statut de bras extérieur de la Révolution iranienne et accroit l’influence iranienne à travers le monde.
Ces photos confirment les inquiétudes quant à l’influence iranienne au Nigeria où les conversions sont payées et où, comme on peut le constater, c’est loin d’être la version quiétiste du chiisme qui est en train de s’implanter. Notons que les bataillons des milices nouvellement constituées brandissent le drapeau jaune du Hezbollah. Si Hassan Nasrallah semble désormais être une vedette incontestée, cheikh Yassine, le fondateur du Hamas, fait également partie des héros des nouveaux hezbolahis nigérians.

Al Hussein orne la tribune

A la mémoire de cheïkh Ahmed Yacine, fondateur du Hamas palestinien, désormais sous l’emprise iranienne

Hassan Nasrallah, l’Ayatollah Khomeïny et le Guide de la Révolution iranienne, Ali Khamenaï, président le défilé

La branche nigériane du Hezbollah

Une unité féminine du Hezbollah nigérian

Un défilé paramilitaire dans la brousse. Bientôt ils marchent sur Abuja ?

Le Hezbollah au Nigeria
MediArabe.info