Dans les faits, révélés par le quotidien koweïtien « Al Raï Al Am » dans son édition du 5 novembre, il s’agit d’une jeune femme égyptienne âgée de 18 ans qui a porté plainte contre son mari, âgé de 43 ans, accusé de « ne pas prendre soin d’elle ». Elle demande le divorce car, « trois mois après leur mariage, elle est toujours vierge ». Le tribunal de Sayeda Zinab, au Caire, est chargé de l’affaire. Il doit statuer sur la recevabilité de la plainte et enquêter sur la véracité des faits. Le mari est quant à lui convoqué pour interrogatoire, et un comité médical doit examiner l’épouse pour « attester de l’état de sa virginité ».
En saisissant la justice, cette jeune égyptienne aura marqué plusieurs points contre le camp conservateur majoritaire dans le monde musulman : elle aura osé briser un tabou en révélant une affaire très intime liée à la sexualité ; elle aura franchi un pas de géant sur la voie de la lutte pour les droits de la femme dans un monde dominé par les hommes ; et le plus révolutionnaire est son courage à répudier son mari.
Reste maintenant à la justice égyptienne de valider ou non le divorce, au risque d’en faire une jurisprudence qui bouleverserait les mœurs dans cette partie du monde. En tout état de cause, cette « anecdote » et ses retombées sociales méritent d’être suivie de près.
Chawki Freïha

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