Liban / scénario prévisible de l’après 24 novembre : compétition entre le général Aoun et Samir Geagea pour le contrôle de la présidence

mardi 16 octobre 2007 - 21h42

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Le quotidien libanais « Al Anwar » souligne dans son éditorial du 16 octobre, que « les médiations échouent, l’une après l’autre, pour parvenir à une élection consensuelle. Il en va de l’initiative de Nabih Berri, à l’intervention française et à la conférence de la Celle Saint Clou, et enfin celle du Patriarcat maronite à Bkerké. Le temps passe et aucun protagoniste ne semble pressé. Tous laissent penser que l’échéance constitutionnelle du 24 novembre (date de la fin du mandat du président Lahoud) ne les intéresse pas. Cette situation laisse croire que les scénarios alternatifs sont prêts et qu’il est désormais trop tard pour les empêcher ».

« Le 24 novembre, sans élection, sera la deuxième fois de son histoire que le Liban se retrouvera dans le vide présidentiel, après celle du 23 septembre 1988 », rappelle l’éditorialiste. « A l’époque, avant la signature des “accords de Taëf”, le président sortant avait le droit de nommer un gouvernement d’intérim chargé de mener à bien les élections. Aujourd’hui, cette prérogative n’existe plus à la faveur de Taëf. A la fin de son mandat, le président n’a qu’un seul droit : quitter le palais présidentiel le 24 novembre à minuit. Les accords de Taëf prévoient à cet égard le transfert des prérogatives directement et automatiquement au gouvernement. Or, l’opposition ne reconnait pas le gouvernement actuel (Siniora). Partant de cette réalité, l’opposition peut entreprendre une aventure qui mettra le Liban dans l’inconnu », prévient-il.

« Après le 24 novembre, tout ce qui était refusé la veille peut survenir. Ce qui est impossible et impensable durant les deux mois constitutionnellement réservés à l’élection, pourra alors se concrétiser au lendemain de la date butoir », selon le quotidien. Ce dernier conclut que « C’est le sens des déclarations de Samir Geagea qui a prévenu l’opposition qu’elle pourra regretter son refus des deux candidats déclarés de la majorité, quand celle-ci élira un troisième candidat surprise. Le quotidien conclut en s’interrogeant si la course à la présidence n’opposera-t-elle pas le général Aoun à Samir Geagea ? Les anciens frères-ennemis auront ainsi repris leur compétition entreprise en 1989 mais, cette fois, non pas pour le contrôle des régions chrétiennes d’alors (Beyrouth Est) mais pour le contrôle de la République ».

Lire l'article original : Al Anwar - Liban