Editorial de Khaled Asmar

Le Liban, qui ne connaîtra pas la stabilité selon « Assad le viril », vient d’arrêter un réseau terroriste

lundi 15 octobre 2007 - 17h23, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Dans la presse tunisienne (« Le Quotidien » francophone et « Al Chourouk » arabophone), le président syrien Bachar Al-Assad avait prédit, le 11 octobre, que « le Liban ne connaîtra pas la stabilité ». Il semble avoir mis ses menaces à exécution.

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Le président syrien Bachar Al-Assad a déclaré, il y a quelques jours à la presse tunisienne, qu’« il y a toujours eu au Liban des forces attachées à son arabité et d’autres qui recherchent a s’attacher a l’Occident. Le Liban ne connaîtra pas de stabilité à cause de ces conflits ». Le maître de Damas, qui avait accusé les dirigeants arabes de « demi-hommes », se doit de prouver qu’il est un « homme entier », après avoir été humilié par l’aviation israélienne qui a mené un raid contre son pays le 6 septembre, un raid qui intervenait quelques semaines après l’explosion douteuse de la base militaire d’Al-Moussalamiya, au nord d’Alep, le 26 juillet dernier.

Assad, à la recherche de « virilité », a dénoncé sur les pages des quotidiens tunisiens « les Libanais qui évoquent leur penchant pour l’Occident » accusés d’agir contre la Syrie et contre la Résistance. Assad oublie qu’il a lui-même tendu la main des négociations aux Israéliens tout en utilisant d’autres Libanais pour améliorer ses conditions de négociateur. Poussant le ridicule à son paroxysme, Assad n’a pas hésité à affirmer souhaiter « le rétablissement des relations normales entre son pays et le Liban », à savoir un retour à la relation qui prédominait avant l’assassinat d’un ancien Premier ministre et d’une vingtaine d’autres responsables politiques et médiatiques libanais. En un mot, Assad voudrait tourner la page, en faisant passer ses crimes dans les oubliettes.

Contrairement à ceux qui croyaient encore que « le ridicule ne tuait pas », Assad vient de confirmer au contraire que le ridicule, son ridicule, a longtemps tué, tue encore aujourd’hui et continuera à tuer tant que le régime syrien est en place à Damas.

C’est sous cet angle qu’il convient d’interpréter l’arrestation annoncée ce lundi par l’armée libanaise d’un « réseau terroriste non-libanais » qui préparait des attentats contre la FINUL au Sud-Liban. Le service des renseignements militaires de l’armée libanaise a en effet reconnu dans un communiqué avoir « arrêté plusieurs ressortissants étrangers (sans en préciser le nombre ou la ou les nationalités) qui surveillaient les positions de la Force multinationale des Nations Unies et qui préparaient des attaques contre ses membres ». L’armée a saisi au moins deux engins explosifs qui n’ont pas explosé en raison d’une défaillance technique. Au moins deux membres de ce réseau sont Palestiniens, affirme-t-on à Beyrouth. Toutefois, quelque soit leur nationalité, ces terroristes ne peuvent agir que sur les ordres de leurs commanditaires qui les financent et protègent. L’exemple du Fatah Al-Islam est encore vif dans la mémoire collective libanaise.

Ainsi, Bachar Al-Assad aura-t-il recouru à des terroristes étrangers pour atteindre deux objectifs : prouver sa virilité par rapport aux demi-hommes, et pour mettre à exécution ses dires de la semaine dernière à travers la presse tunisienne ? Il veut prouver que le Liban ne connaîtra pas la stabilité avant que la moitié des Libanais, hostiles à tout retour de l’influence syrienne sur le Liban, ne soit exterminée ?

En tout état de cause, le démantèlement du réseau terroriste annoncé par Beyrouth intervient une semaine avant la deuxième session parlementaire du 23 octobre, durant laquelle le parlement libanais devrait élire le futur président de la République. Damas cherche par tous les moyens d’empêcher cette élection pour entretenir le chaos dont il se nourrit depuis plus de trente ans.