Après la fatwa sur "l’allaitement des grands"

Hausse de la demande du Viagra en Algérie

vendredi 28 septembre 2007 - 13h22, par Mediarabe.info

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Après le scandale suscité par la fatwa sur « l’allaitement des grands », l’Algérie se découvre un pays consommateur de stimulants sexuels. Le quotidien « Ech-Chorouk » en fait la démonstration.

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Après la fatwa du cheïkh égyptien d’Al-Azhar, Izzat Al Attiyah, sur « l’allaitement des grands », qui a fait des adeptes en Algérie en dépit du limogeage de cet ouléma, l’Algérie constate une importante hausse de la consommation des produits pharmaceutiques destinés à améliorer les performances sexuelles des hommes.

Selon le quotidien "« Ech-Chorouk »" du 5 septembre 2007, « l’Algérie importe près d’un million de boites de ces stimulants, comme le Viagra et autre Cialis, pour une lourde facture de plus de 3,5 milliards de dinars pas an. En 2006, les Algériens avaient déjà ingurgité 800.000 boites de ces fortifiants sexuels, contenant chacune deux cachets et vendue entre 2.000 et 3.000 dinars. En 2005, ils en ont consommé 300.000 boites ». Les pharmacies algériennes constatent cette nette hausse de la demande, et déplorent la politique de santé publique qui tolère cette catégorie de produits alors que « la pénurie de produits indispensables, comme notamment le lait pour enfants, des antibiotiques et des médicaments contre le cancer, est palpable ».

Le journal algérien ne manque pas de dénoncer « l’exploitation faite par les laboratoires occidentaux de la liberté économique introduite en Algérie ces dernières années, pour faire des bénéfices au détriment de la santé publique. Ils ont trouvé en Algérie un marché porteur qui consomme entre 30.000 et 50.000 boites par mois ».

Le quotidien interroge un médecin spécialiste sur le phénomène. Pour le praticien, « la sexualité en Algérie reste un tabou, et les hommes algériens refusent de consulter les médecins pour des problèmes d’érection. Ils compensent en consommant des stimulants, sans ordonnance, quelqu’en soit le prix, pour prouver leur virilité ». Le médecin déplore cette évolution et craint pour la santé des consommateurs et des finances publiques. Les Algériens absorbent ces médicaments aux effets secondaires graves, et sans surveillance médicale, et alourdissent la facture avec près de 3,5 milliards de dinars (5 millions de dollars) versés tous les ans aux laboratoires étrangers.